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PAGE D'ACCUEIL / DES IDéES DE CHANGEMENT POUR L'ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD /


Refléter notre société : Augmenter la représentativité de l'Assemblée législative

Selon un principe largement accepté, le système électoral de toute démocratie doit créer des corps législatifs qui incarnent la société – qui reflètent la diversité démographique et une vaste gamme d’idées, d’intérêts et de points de vue. Pour plusieurs, un tel résultat apporte des avantages considérables. D’abord et avant tout, il renforce la cohésion sociale et la confiance en la démocratie, car des personnes de tous les horizons ont le sentiment d’être représentées au sein de l’organisme élu. De plus, il fait en sorte que la politique publique s’enrichit d’une diversité de points de vue et d’idées nouvelles, et est à l’écoute des besoins de tous les segments de la société.

Dans notre engagement à améliorer la représentation au sein de l’Assemblée législative, nous explorerons les façons d’accroître la participation des femmes, des Insulaires autochtones, des Insulaires vivant avec un handicap, et des minorités visibles et linguistiques, car notre idéal est d’instituer un corps législatif qui reflète véritablement la société de l’Île-du-Prince-Édouard.

La représentation des femmes – qui constituent la moitié de notre population – au sein des assemblées législatives est depuis longtemps soumise à l’examen du public et fait l’objet de revendications. En général, à l’Île-du-Prince-Édouard et ailleurs, la disparité entre le poids démographique et la représentation démocratique est plus grande chez les femmes que dans tout autre groupe de la société. Même si des progrès ont été accomplis, ceux-ci sont lents et souvent hésitants.

Malgré que, à l’Île-du-Prince-Édouard, les femmes aient obtenu le droit de vote et le droit de siéger à titre de représentantes élues en 1922, seulement 26 femmes ont siégé à l’Assemblée législative; il s’agit donc d’une petite portion, si on la compare aux centaines de représentants masculins élus depuis ce temps, et auparavant. Actuellement, le nombre et la proportion de sièges occupés par des femmes sont inférieurs à ce qu’ils étaient il y a 20 ans.

La coalition pour les femmes en politique (Coalition for Women in Government) et d’autres groupes ont réussi à définir les facteurs et les obstacles qui contribuent à cet état de fait. Dans le cadre de notre système uninominal majoritaire à un tour, les partis ont tendance à choisir les candidats qu’ils considèrent comme les plus susceptibles de l’emporter, et historiquement, cela a toujours été des hommes. En outre, se présenter à l’investiture d’un parti politique n’est pas nécessairement facile, que le candidat soit une femme ou un homme, car cela demande du temps et implique des finances personnelles pour le prétendant à la direction.

Récemment, les recherches menées par la coalition ont révélé que, lorsqu’une femme se présente aux élections, elle est au moins aussi susceptible d’être élue que ses homologues masculins, ce qui devrait inciter les partis à recruter des femmes et à les présenter dans les circonscriptions où la victoire est assurée. Toutefois, selon la coalition, le principal défi consiste à trouver des femmes qui souhaitent être candidates.

Bien que les partis politiques aient un rôle important à jouer pour régler ce problème, il subsisterait, selon les recherches, un bon nombre d’obstacles, qui s’inscrivent dans la portée du présent livre blanc, parmi lesquels :

  • La lourde charge de travail et les attentes élevées des électeurs face à leurs députés provinciaux rendent difficile la conciliation travail-vie, particulièrement chez les députés qui ont des obligations d’aidant naturel.
  • Les pratiques en usage à l’Assemblée législative, comme les séances en soirée, bouleversent aussi l’équilibre travail-vie personnelle.
  • Pour certains observateurs, le ton propre aux échanges à l’Assemblée législative, qui sont, au mieux, impolis, mais parfois hostiles et accusatoires, est susceptible de dissuader les candidats potentiels.

La coalition pour les femmes en politique (Coalition for Women in Government) a fait une série de recommandations visant à promouvoir l’équilibre entre les sexes et la représentativité à la Chambre, certaines s’adressant au gouvernement et d’autres, aux partis politiques. Les recommandations à l’intention du gouvernement sont les suivantes :

  • établir un comité législatif spécial chargé d’examiner le rôle et les responsabilités des députés à l’Assemblée législative;
  • appuyer les responsabilités à l’échelle des circonscriptions en créant un poste d’ombudsman et des bureaux de circonscription régionaux pourvus en personnel afin d’épauler les députés dans leurs fonctions;
  • établir des processus législatifs plus prévisibles et opportuns, en éliminant les séances en soirée et en créant un calendrier annuel des travaux législatifs et des séances des comités;
  • fournir du perfectionnement professionnel et de la formation dans certains domaines, comme la présidence de réunions, la gestion du temps, la conciliation travail-vie et le soutien disponible;
  • offrir une indemnité pour aidants naturels aux députés qui ont cette responsabilité.

En ce qui concerne le ton du discours politique, l’esprit de collaboration encouragé par le passage au mode de scrutin préférentiel proposé créerait un climat plus positif et collégial à la Chambre, ce qui rendra plus intéressante, non seulement pour les femmes, mais aussi pour tous les Insulaires, la perspective de siéger à l’Assemblée législative.

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